Je l'aimais. Oui, je l'aimais. Plus que tout. Bien plus que tous les trésors que la Terre peut nous offrir. Il était ma raison de vivre, mon oxygène, ma musique, mon livre vivant. C'était avec lui que je me sentais forte. Que chaque matin j'avais envie de me battre contre toutes les angoisses et les peurs de la vie. Contre le temps. Contre le vent. C'était avec lui que je me sentais protégée, lovée dans ses bras. Rien ne pouvait m'atteindre. Rien ne pouvait me toucher.
Et puis, il est partit. Comme ça. Sans que personne ne comprenne. Ni toi, ni moi. Bien sûr que j'ai creusé au fond de ma mémoire pour savoir ce qui clochait, ce qui ne marchait plus. J'ai essayé de comprendre. Pαrce que je t'αime. Parce que je ne voulais pas te laisser partir. Je ne voulais pas que tu m'abandonnes. Tu m'as simplement répondu que c'était comme ça, que c'était la vie. Mais moi j'avais besoin du sens, du vrai, j'avais tellement besoin de comprendre! Sinon j'ai peur, j'ai mal. Et j'étais prête à accepter toutes les explications du monde, même les plus complexes. Je ne cessai de te répéter: "Sauve moi! Sauve nous! Il est peut-être encore temps...Dis moi! Qu'est ce qui ne va plus?" Mais malgré mes interpellations, malgré tes essais d'explications, malgré tous les efforts pour t'empêcher de fuir, tu es partit. Maintenant,
je reviens te chercher, je reviens chercher ces moments heureux
que l'on a partagé, dans mes pensées. Ca me fait du bien.